CROCOSEL : Système d’Echange Local de ROGNES
publié le dimanche 20 mars 2005
par Xavier N.
Situation géographique
ROGNES est une commune "rurbaine" d’environ 4500 habitants à 20 km au Nord-Est d’Aix en Provence, donc village ancien entouré de constructions nouvelles très dispersées.
Historique
Ce SEL a été lancé en Novembre 1996 à l’initiative de membres d’une association existante ayant des buts socioculturels (mais qui avait été fondée par des candidats opposés au maire, aux élections municipales, ce qui a, dès le début donné une "couleur" à ce projet).
D’où la nécessité vite apparue d’une prise d’autonomie du SEL et le dépôt de statuts propres (mars 1998). Pour tenter de casser cette image, il a été décidé de démarrer la nouvelle association en choisissant des responsables non identifiés pour leur participation à la création de la précédente.
Effectifs
Ils se sont assez vite stabilisés autour du nombre d’une cinquantaine de familles, habitant presque toutes à Rognes. Lles départs sont en général compensés par les arrivées. Dernier n° attribué : 121. Bon nombre des nouveaux arrivent dans la commune. Le SEL est donc pour eux un moyen de s’intégrer. Très peu de personnes en difficulté financière, de plus en plus de femmes isolées.
Autres SEL environnants
À Lambesc (environ 6 km) : SEL De Lambesc
À Pertuis (une trentaine de km, dans le Vaucluse) : le SEL en Durance
À AIX (20 km) : rattaché au SEL en Durance.
Nous avons des relations avec eux : Pertuis a été notre "parrain", nous avons pris contact avec Lambesc dès que nous avons appris son existence, deux personnes ont une double appartenance : Aix ou Lambesc.
Depuis 3 ans, un véritable jumelage s’est construit avec le SEL de Lambesc :
participation croisée aux organismes d’animation et de gestion ;
activités communes ;
échanges des annuaires et catalogues.
Moyens
Après avoir disposé d’un local (garage d’environ 20 m2) mis à notre disposition gratuitement par un "mécène" (ancien candidat aux élections...), bien situé dans le village (proximité de La Poste et de l’école), où nous pouvions tenir deux permanences par semaine (mercredi et samedi matin), nous devons maintenant nous contenter de 2 permanences par mois dans la salle des associations où l’on nous a permis d’installer une armoire métallique.
Animation - Gestion
Dès la création du SEL, il a été décidé - et inscrit dans les statuts - que l’Association serait "administrée par un Comité d’Animation et de Fonctionnement, émanation des commissions déterminées par l’Assemblée Générale et que "tout adhérent de Crocosel peut participer au travail d’un ou plusieurs groupes, ainsi qu’aux réunions du CAF" - avec voix délibérative, bien entendu.
(R.I.)
Cette instance est bien entrée dans les mœurs. Elle se réunit très régulièrement (on pourrait dire "rituellement", puisqu’on a décidé que ses réunions auraient lieu le dernier vendredi des mois impairs, donc tous les deux mois).
L’ordre du jour est fixé en début de séance.
Il comprend toujours deux points obligés :
· le point sur les décisions en cours ;
· le compte-rendu des groupes de travail (ce qu’ils ont fait, les questions qu’ils ont à poser ou les décisions qu’ils proposent au collectif).
· Les autres questions sont proposées par les coordinatrices, l’une d’elles présidant la séance, l’autre tenant la "mémoire des décisions" (voir ci-dessous)
Les réunions (qui ont lieu en soirée) durent en moyenne 2h à 2h 30. Dans le meilleur des cas, elles peuvent regrouper presque la moitié des familles adhérentes (donc cela peut aller jusqu’à 25 personnes). La moyenne est plutôt d’une quinzaine de personnes. Elles sont maintenant régulièrement suivies d’un repas partagé chez l’un des adhérents - ce qui a pour autre vertu d’écourter les apartés et les digressions).
Un outil important a été mis en place : la "mémoire des décisions"
Toutes les décisions prises au C.A.F. y sont consignées (reformulation en fin de chaque séance)
A l’ouverture de la séance suivante, toutes les décisions "en cours" sont passées en revues ; on fait le point : ce qui a avancé, ce qui n’a pas été fait, pourquoi ?`
Depuis deux ans (durée d’un mandat de responsable) a été mis en place un trio de coordinatrices qui assurent le suivi des décisions et les relations extérieures (mairie, notamment). Une tentative de déclaration de cette collégialité a été faite auprès de la sous-préfecture lors de la déclaration de changement de bureau. Elle n’a pas été prise en compte (à cause du logiciel...)
Les groupes de travail
D’abord au nombre de 5, seuls deux fonctionnement maintenant :
le Groupe "Coordination" compte une dizaine de membres. Il se réunit pour le rapprochement des feuilles d’échanges recueillies (comme partout où ce système est employé, nous avons des problèmes avec des personnes qui oublient de remplir leurs feuilles), mais aussi des divergences dans la comptabilité d’un échange entre deux personnes.
Ce "contrôle" permet donc :
· de créditer - ou débiter- les étourdis qui n’ont pas marqué un échange ;
· d’intervenir discrètement auprès des partenaires d’un échange où des différences importantes de comptabilité ont été constatées ou lorsqu’un échange a dépassé la "dose prescrite" (limites fixées dans le règlement intérieur).
Nous attachons beaucoup d’importance à ce travail qui a, jusqu’alors, permis de ne pas recourir à l’instance de "médiation". Le Groupe "Coordination" actuel (qui a fusionné avec le groupe "Gestion - Comptabilité") assure également le suivi des rentrées de cotisations en euros et se charge des rappels (toujours par contact oral).
Le Groupe "Bulletin", qui s’est redynamisé par la mise en place de "chefs de rubriques", chargés de solliciter des participations d’écriture dans leur domaine :
· Vie du SEL
· coin cuisine
· coin jardin
· autres SEL.
Il planifie son travail afin qu’un numéro du bulletin sorte au moins une semaine avant chaque C.A.F. (4 à 5 par an) et établit le sommaire de chaque numéro. La maquette est ensuite réalisée par une seule personne. La distribution est répartie (seules les personnes n’habitant pas la commune sont desservies par la Poste).
La comptabilité des échanges
Pour les Bourses d’échanges (au début très fréquentes et purement locales) nous avons progressivement évolué vers des bourses interSEL uniquement (surtout depuis notre jumelage), ce qui nous avait amenés à nous aligner sur la "norme" de 1 heure : 60 grains
Pour le principe, nous étions également convenus au départ (et avions inscrit dans le R.I.) de demander une "contribution" en grains à tout adhérent ne participant pas à un groupe de travail. Mais le Groupe "Coordination" (chargé de la mettre en application) a "fait de la résistance". Cette décision (pourtant prise en CAF) n’a donc jamais été appliquée. De sorte que la rémunération des "tâches" (actes répétitifs n’ayant pas de caractère militant - critère largement laissé à l’appréciation de chacun) est faite grâce à un puits sans fonds.
Contrairement à ce que nous avaient prédit de bons oracles, ce puits sans fonds n’a nullement tué les échanges dans notre SEL. Les comptes trop excédentaires sont souvent réduits grâce à l’organisation d’un "chantier" : nettoyage, peinture ou débroussaillage... Une quinzaine ou une vingtaine de personnes qui travaillent pendant quatre heures, c’est efficace non seulement pour le travail, mais aussi pour le débit du compte de l’invitant (le quel est, bien entendu, prié de clore le chantier par un bon repas !).
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